Mesure d’audience sur Internet (2/2)

Pourquoi des écarts dans les résultats ?, la suite…

Dans notre premier article (cf. Mesure d’audience sur Internet 1/2), nous avons parcouru la genèse de la mesure d’audience, avec l’objectif de comprendre le processus d’analyse de journaux.

Des problématiques et des manques soulevés par cette méthode est née la technique du marquage de page (également appelée marquage des sites Web), vers la fin des années 90.

Dérivée des premiers “Web Counters” (les magnifiques images annonçant “vous êtes le ixième visiteur de ce site”), cette solution fait appel à l’autre logiciel nécessaire au bon fonctionnement d’Internet : le navigateur.

 

Le navigateur

Le navigateur est le pendant du serveur Web : le serveur Web est la source d’information et le navigateur, le consommateur.

Sa localisation (sur le poste de travail de l’internaute) lui permet d’obtenir beaucoup plus d’informations fiables quant au comportement de celui-ci.

Il dispose aussi de plus “d’intelligence” que notre serveur Web car il contient un langage de programmation (le JavaScript).

 

La méthode de mesure d’audience par marquage des sites Web

Le principe est le suivant :

L’outil (type Google Analytics, Webtrend, …) fournit un bloc de code html (p. ex. une image, un bout de code JavaScript, …) à intégrer sur les différentes pages de votre site.

Lorsqu’un internaute visite une page de votre site, le code présent sur la page en question va déclencher une requête vers les serveurs de la solution de mesure (p. ex. les serveurs de Google Analytics).

Les informations fournies dans la requête sont généralement stockées dans une base de données pour être ensuite analysées par le logiciel. Une évolution à noter : un traitement temps-réel des données commence à voir le jour.

Depuis le simple “Web Bug” (image transparente) des débuts aux JavaScripts en chargement différé d’aujourd’hui, l’évolution des techniques de marquage est telle que de plus en plus d’informations sont remontées à la solution de tracking. Tout ceci dans le but d’affiner l’analyse d’audience, et d’obtenir un meilleur aperçu de votre visitorat.

Exemples d’informations pouvant être fournies par cette méthode :

  • l’analyse des déplacements de la souris sur la page,
  • le suivi du visiteur sur plusieurs sites,
  • la prise en compte du changement d’adresse de la connexion Internet de l’internaute,
  • la taille de l’écran,
  • le “retour” de l’internaute sur un site,

Une chose ne change pas toutefois : l’analyse de la session de l’internaute, qui sert de base au comptage des visiteurs, s’appuie toujours sur des requêtes espacées de moins de x minutes (souvent 30).

 

Les limites du marquage des sites

Cette technique d’analyse ne fonctionne que grâce à la “bonne volonté” du navigateur client. Les données issues de cette analyse ne peuvent donc être traitées comme des données absolues.

Exemples de requêtes susceptibles de ne pas être prises en compte dans ce mode d’analyse :

  • les navigations via un navigateur en mode texte, ou autre système particulier (pour la gestion de handicaps notamment),
  • lorsque le JavaScript ou les images sont désactivés sur le poste de l’internaute,
  • l’utilisation de plugins anti-pub ou de protection de vie privée,
  • les requêtes effectuées sans navigateur (robots de ranking, système de copie de sites, …),
  • les requêtes réalisées par des sites externes sur vos images,

De plus, comme cette méthode dépend d’un service externe au site Web visité, le navigateur de l’internaute doit, pour contacter le service de collecte (p. ex. Google Analytics), effectuer une résolution DNS supplémentaire et ouvrir une connexion à un autre serveur. Cette action peut, dans certains cas, entraîner un ralentissement de l’affichage du site, ou même empêcher la collecte d’informations.

C’est tout pour cette fois. Nous vous donnons rendez-vous prochainement pour la fin de cette série, afin d’apporter une conclusion éclairée sur la problématique qui nous préoccupe : “qui vient sur mon site ?”.

Benoit Plessis – Infrastructure, Système & Réseau

 

Crédits : Volodymyr Krasyuk / HaywireMedia / Art Photo Picture ©Fotolia

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